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Avant d'aller dormir



Avant d'aller dormir,

               « Sous les étoiles », je veux revenir vers vous et vous parler de cette longue marche que j'ai faite avant de venir témoigner de ce que fut ma route, et vous parler aussi de ceux dont j'ai gardé au cœur, les visages, et même le nom, et tout ce que j'ai pu connaître du poids  de leur croix ! Un témoin de la lumière, dans leur nuit et témoin aussi de la nuit, nuit de Dieu, où aussi Il se révèle, ! Et je vous donnerai aussi les noms de vos frères, que j'ai portés en moi comme une mère porte son enfant, car dans cette vocation où  j'ai pu accomplir  l'appel de Dieu, j'ai voulu garder le souci de chacun de ceux que Jésus  le Christ et le Pasteur de tous, m'avait confiés ! Et nous devons accomplir et consommer cet appel,  jusqu'à  en être consumés, et tout ceci pour reprendre les mots de l'apôtre Paul : « accomplir ma course, les yeux fixés sur Jésus, le chef de notre foi ! ».

Mon grand désir, au milieu des épreuves et des angoisses du chemin à la suite de Jésus, a été évidemment d'être capable de transmettre ce "flambeau de verre"  comme nos frères d'Orient  appellent Celui qui nous a dit encore : « Je suis la Lumière du monde, Celui qui marche dans la Lumière ne craindra pas la mort ! ». Et mon grand regret désormais,  c'est de devoir constater, que notre monde est en déroute dans bien des domaines, et que dans nos couvents et monastères, dans nos presbytères,  il y ait un tel besoin de priants et de Pasteurs, là où on garde au cœur cependant  les mêmes aspirations que celles de tous nos frères qui ont aussi passé les siècles !

Je remarque combien la jeunesse aspire si généreusement  à reconstruire un monde qu'un certain nombre d'humains, séduits un moment  par l’attrait fallacieux de biens périssables, mais encore  prometteurs d'une vie meilleure, avec des conceptions qui là, à ce point névralgique, ont blessés d'abord au cœur  ceux qui ont cru trouver un « filon », que d'aucuns avaient nommé à une période de l'histoire de l'Amérique, « la ruée  vers l'or ». Évidemment, beaucoup ont espéré, et ont vu leur espérance s'écrouler dans les marécages de ruisseaux aux eaux trompeuses,  gardant prisonnière la vérité de la stérilité de ces fonds prometteurs !

Et cependant lorsque j'ai regardé les reproductions cinématographiques de ces temps héroïques, j'ai vu beaucoup d'espoir projeté sur quelques malheureuses concentrations de poussière d'or, inspirés bien entendu par l'amour de la famille : donner à son épouse et à ses enfants une vie meilleure, et aussi un avenir bien meilleur que celui des premiers chercheurs d'or ! Je me suis alors posé beaucoup de questions, car  je constate combien la jeunesse actuelle porte en elle  de générosité et de souci d'engagement et d'entraide…

Et bien évidemment cependant j'entends parler de raréfaction des vocations ! Et je pense à l'instant que ceci est certainement dû au silence des témoins, de ceux-là mêmes qui ont voulu en d'autre  temps mettre obstacle à la réalisation des vocations « religieuses », comme l'on dit, sans doute à tort. « Profane », pourrait-on dire, alors ?)   Car « religieux », le sont,  tous ceux qui ont réalisé également la « vocation» à la famille dans le « mariage », ou dans d'autres situations, au cours de l'histoire tragique des hommes.

Il y a eu toujours des femmes et des hommes courageux qui ont sacrifié leur désir de fonder une famille, pour être là précisément où le « nid » venait d'être saccagé, laissant des orphelins et des miséreux.  N'étaient-ils   pas « religieux », ceux-là  qui voulurent ce sacrifice d'une « chirurgie réparatrice » du tissu social en hémorragie,  et « donner » là leur cœur en voulant transfuser leurs forces vives  d'amour, car nous savons bien   que ce « buisson ardent »  qui brûle au cœur de chacun, est nécessaire à la réalisation de toute  vocation, et ne tolère pas de demi-mesures, car il exige l'Absolu, et d'un accomplissement éternel; (si le terme « religieux » et c'est en cela que j'ai compris, que tout homme, malgré les efforts sataniques de l'ennemi de Dieu et du destin éternel et divin de l'homme, se révèle après un point de rencontre de sa misère et de la Sainteté transcendantale de l'amour de Dieu, d'une grandeur qui se révèle en creux mais dans une évidence aveuglante, que l'homme est bien plus grand que ce que certains serviteurs du mal, et pauvrement inconscients de leur cécité, voudraient nous faire croire, en ramenant l'homme total et cosmique,  à des groupements ou à des rassemblements, la plupart du temps destructeurs des "valeurs de chacun"  au profit de la "globalité" : on pourrait appeler cela : «nos troupes », « la 6° Compagnie », "nos équipes », voire même « la promotion 90 » ! Et encore « le corps des pompiers »…

Mais cependant j'ai noté aussi, que dans bien des cas où la dictature, ou l'esclavage a régné trop longtemps, la victoire fut bien souvent due au sacrifice d'un seul d'entre eux. Je pense à Nelson Mandela, et à bien d'autres de ce "calibre" et de cette grandeur. Car combien  de fois ai-je entendu cette incompréhension de « la majorité de la masse, vaincue et maintenue en esclavage, par un petit nombre ? »  Ainsi bien souvent le sacrifice d'un seul s'est voulu libation pour le sauvetage de tous comptés un par un, et comme l'on dit « au cas par cas »,  rendant vaines nos calculettes, puisque nous avons malgré tout, inventé sans bien nous rendre compte de nos auto-reniements : "la taille unique !" et un seul "soldat inconnu"...honoré, vénéré...mais dans une ignorance totale de ses mérites, ou de détails, comme  ses  trahisons, voire ses désertions !

 Et je réalise à ce point  de ma méditation, que décidément, l'homme est en éternelle oscillation, et se cherche encore… N'est ce pas une grande différence, que le plancher des vaches, n'assurera pas comme il croit, que la stabilité qu'il cherche et qui est la sienne ontologiquement, est encore à réaliser, et peut-être alors que cette réalisation se trouve dans les cieux, sa foi lui promet l’éternité de la Vie  au lieu de la promesse, dans le Royaume où le Père de tous nous appelle pour nous restituer le premier jardin d'Éden… dont le seul nom évoque pour tout homme, un paradis « perdu »( ?)… Mais non, pas « perdu » !!!… Le paradis a perdu ses habitants, et le frère aîné est revenu dessiner la route, et s’y révéler sur le chemin du retour, où le Père commun. A dressé la table du festin a

                                      Mariam Jacob

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